EUX AUSSI, ILS ONT DIT NON

Abd el-Kader : « Non à la colonisation »

Après la défaite de l’émir Abd el-Kader, l’Algérie devient tout simplement un département français. Les colons arrivent en masse, encouragés à venir s’y installer. Les Algériens voient ainsi des étrangers s’accaparer leurs terres et en tirer le plus grand profit. Traités en citoyens de seconde zone, un grand nombre d’entre eux tenteront de secouer le joug colonial dans les années 1950. Ils agiront en dignes héritiers d’Abd el-Kader. Le même mouvement de protestation contre les États coloniaux se fera jour un peu partout dans le monde, empruntant des modes d’actions différents, mais conduisant la plupart des pays vers leur indépendance. Au prix de guerres, de beaucoup de larmes et de sang.

Des voix en France
Au XXe siècle, des voix, en Algérie et en France, vont s’élever pour dire non à la colonisation. Ce n’était pas sans risques. Mais certains Français ne supportent pas que leur pays se livre à des exactions hors de ses frontières. Parmi ceux-là, citons Fernand Yveton, qui sera guillotiné pour servir d’exemple le 11 février 1957, et Maurice Audin, que l’armée française fera disparaître après l’avoir torturé. Une femme, Germaine Tillon, incarne cette dénonciation. Ethnologue, elle fait des recherches en Algérie où elle se rendra à plusieurs reprises dans les années 1930. C’est là que se forgent ses convictions anticolonialistes. En 1940, lorsque les nazis occupent la France, cette militante s’engage aussitôt dans la Résistance. Elle a trente-sept ans. Le réseau auquel elle appartient s’emploie à faire évader des prisonniers. Elle est arrêtée le 13 août 1942 et sera déportée le 21 octobre 1943 à Ravensbruück. Après la guerre, Germaine Tillon continue à lutter pour les droits de l’homme. Elle enquêtera sur les crimes de guerre nazis, sur les camps de concentration soviétiques entre 1945 et 1954… Lorsque, en Algérie, une insurrection éclate contre l’occupation française, Germaine Tillon s’en mêle tout naturellement…