EUX AUSSI, ILS ONT DIT NON
Federico Garcia Lorca : « Non au franquisme »
Lorsque Federico García Lorca se rend aux
États-Unis en 1929, en pleine crise économique,
l’Espagne fait encore partie de ce que
l’on pourrait appeler les régions pauvres de
l’Europe. Dans ce pays vaste comme la
France, où vivent quelque vingt-cinq millions
de personnes, la moitié de la population est
illettrée. Plus de huit millions d’Espagnols
connaissent la misère : le petit peuple des
villes a faim, la plupart des paysans ne possèdent
pas la terre qu’ils exploitent, mais de
riches propriétaires détiennent des provinces
entières. C’est dans ce contexte difficile
que va se jouer une part du destin de
l’Europe à la veille de la Seconde Guerre
mondiale.
Mourir à Madrid
Au début des années 1930, l’Espagne s’enfonce
dans la crise politique. Les partis
monarchistes perdent les élections de 1931
et l’on proclame la République. Deux ans
plus tard, la droite revient au pouvoir et
fonde la Phalange, organisation politique
nationaliste aux orientations fascistes. En
octobre 1934, une révolte éclate dans les
Asturies. À Oviedo et à Gijón, les mineurs
s’insurgent, mais le mouvement est réprimé
dans le sang : 1 500 personnes sont tuées et
des dizaines de milliers d’ouvriers sont
emprisonnés. Un général de quarante ans
peut alors s’enorgueillir d’être le “Sauveur de
la Nation” : Francisco Franco.
La surprise viendra des élections de février
1936 : un gouvernement de coalition formé de
socialistes, de communistes, de républicains
gagne les élections. Il s’agit du Frente popular,
front populaire qui veut entreprendre le programme
de réformes dont l’Espagne a besoin.