EUX AUSSI, ILS ONT DIT NON

Nelson Mandela : « Non à l’apartheid »

Le 12 septembre 1977, Steve Biko meurt dans sa cellule. Il a trente et un ans. Son corps est couvert de blessures et d’ecchymoses, preuves qu’il a été torturé. Arrêté quelques jours plus tôt pour s’être éloigné de la zone dans laquelle il est assigné à résidence, il est amené dans les locaux de la police de sécurité. Roué de coups et enchaîné, il est ensuite abandonné, seul et sans soins médicaux. Quand les autorités se rendent compte de la gravité de son état de santé, au lieu de l’envoyer en urgence dans l’hôpital le plus proche, les policiers le jettent à l’arrière d’une jeep et roulent à toute vitesse de Port Elizabeth à Pretoria, soit une distance de mille deux cents kilomètres. Il est complètement nu sur le plancher et sa tête cogne les parois du véhicule à chaque tournant. À l’arrivée, il est de nouveau jeté dans une cellule. Il y décède de ses blessures, le lendemain.

Né en 1946 à King William’s Town dans la région du Eastern Cape, Stephen Bantu Biko connaît très tôt la cruauté de l’apartheid. Alors qu’il n’a que cinq ans, son père Mzimkhayi est tué par un policier blanc lors d’une manifestation. Sa vie change de direction et son sentiment de révolte le pousse dans le militantisme. Ses études en pâtissent. Elles sont marquées par des expulsions répétées. Néanmoins, il réussit à entrer à l’université de Durban où il s’inscrit à la faculté de médecine dans une filière réservée aux “non- Blancs”. Esprit rebelle, il décide de créer l’Organisation des étudiants sud-africains (The South African Student Organisation – SASO). Fortement inspiré par la non-violence de Gandhi et la religion chrétienne, il élabore son propre concept : la conscience noire (Black conciousness).