EUX AUSSI, ILS ONT DIT NON
Victor Schoelcher : « Non à l'esclavage ! »
Les uns après les autres, presque tous les pays abolissent l’esclavage : le Portugal en 1856, les Pays-Bas en 1860, le Brésil en 1888.
Adoptée par les Nations unies, la Déclaration des droits de l’homme de 1948 interdit l’esclavage et la traite. L’article 4 indique que “nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude; l’esclavage et la traite sont interdits sous toutes leurs formes”.
Et pourtant… Aujourd’hui encore, dans certains pays, des enfants et des femmes doivent travailler pour rien, ou pour très peu. L’esclavage n’a pas disparu. Il se retrouve dans la traite des femmes, les mariages forcés, la prostitution, la servitude pour dettes, le travail des enfants, le travail forcé, le trafic des migrants, le trafic d’enfants… (…)
Aujourd’hui encore, des militants de la liberté doivent continuer le combat et l’oeuvre de Victor Schoelcher. Des femmes, des hommes, des associations luttent contre l’esclavage moderne et pour que l’Histoire n’oublie pas cette tragédie humaine.
En France, Maryse Condé, présidente du Comité pour la mémoire de l’esclavage, ainsi que l’écrivaine réunionnaise Françoise Vergès, ont redoublé d’énergie et de conviction pour mener à bien un grand projet : faire que l’esclavage soit enfin reconnu et durablement inscrit dans le récit national de la France. Dans cette perspective, elles se sont battues pour que le projet de loi qualifiant la traite négrière et l’esclavage de crime contre l’humanité soit adopté par le Parlement français. Mission réussie : la loi “Taubira” a vu le jour le 10 mai 2001. Et ce jour est devenu une date de commémoration de l’abolition. (…)
Christine Taubira a donné en 2001 son nom à la loi française qui reconnaît comme crimes contre l’humanité la traite négrière transatlantique et l’esclavage.
C’est en 1998 que son combat a pris toute son ampleur. Cette année-là, la France célèbre en grande pompe le 150e anniversaire de l’abolition de l’esclavage par Victor Schoelcher et le gouvernement de 1848. Il apparaît à Christine Taubira, députée radicale de gauche de Guyane, qu’il manque dans ces cérémonies officielles la voix des victimes de l’esclavage ou plutôt celle de leurs descendants, là-bas dans les anciennes colonies. Elle comprend que, pour guérir de leur passé, ces gens ont besoin de nommer le crime. Une loi devient vite indispensable. Et c’est à elle de la proposer. Elle doit se battre plus de deux années, à l’Assemblée et au Sénat, pour convaincre les parlementaires. (…) Il convient également de rendre hommage à Aimé Césaire, disparu en avril 2008. Toute l’oeuvre du poète antillais est hantée par les souvenirs de la traite et de l’esclavage, sa découverte du racisme, son combat pour que le peuple noir retrouve ses racines et sa fierté. (…)
Il convient également de rendre hommage à Aimé Césaire, disparu en avril 2008. Toute l’oeuvre du poète antillais est hantée par les souvenirs de la traite et de l’esclavage, sa découverte du racisme, son combat pour que le peuple noir retrouve ses racines et sa fierté.
Son combat pour la reconnaissance de l’esclavage et pour la défense de tous les opprimés de la terre, Aimé Césaire l’a poursuivi après la guerre en se lançant dans la politique. En 1945, il devient député de la Martinique. Il le restera jusqu’en 1993. Décédé le 17 avril 2008 à l’âge de 94 ans, il restera à jamais un personnage incontournable de l’histoire martiniquaise et du combat contre l’esclavage. Un symbole.