EUX AUSSI, ILS ONT DIT NON
Simone Veil : « Non aux avortements clandestins ! »
En France, c’est à partir des années 1950 que les mouvements de revendication des femmes prennent de l’ampleur. Elles réclament la liberté de pouvoir choisir le moment de leur grossesse. Jusque-là, lorsqu’une femme enceinte ne voulait pas garder l’enfant, le choix était très limité. Même si elle avait été violée, la loi lui interdisait d’avorter. (…)
Ce qui choque le plus ? Les plus aisées se rendent dans les cliniques privées au Royaume-
Uni ou en Suisse, où l’avortement est légalisé. Elles peuvent avorter dans de bonnes conditions, sous anesthésie, avec des médecins compétents. Les plus pauvres avortent seules, avec des produits dangereux et au péril de leur vie, ou se font avorter par des “faiseuses d’anges”. Il s’agit des femmes et des hommes qui pratiquent clandestinement des avortements, parfois pour des sommes très élevées, mais presque toujours dans des conditions d’hygiène épouvantables.
Le combat du Planning familial
En 1956, un groupe de militants crée un mouvement, la “Maternité heureuse”, qui propose aux couples de choisir le moment de la naissance de leurs enfants grâce à la contraception. ( …) Les militantes du Planning familial franchissent, en connaissance de cause, le pas de
l’illégalité. Des centres de conseil et d’accueil sont ouverts, d’abord à Grenoble puis à Paris. Des gynécologues y travaillent, prescrivent des contraceptifs… quand ils en trouvent ! La difficulté réside là aussi : où trouver des pilules, des préservatifs, du gel spermicide, des stérilets ? Ils sont interdits ! (…)
Au premier plan, les féministes
Les années 1970 sont des années importantes pour les droits des femmes. L’explosion de Mai 68 fait souffler un vent de liberté… Le Mouvement de libération des femmes (MLF) est créé. Une de ses luttes principales concerne le droit à l’avortement, le droit de pouvoir choisir le moment où elles décideront d’avoir un enfant. Dans les rues, dans les lycées et les salles où se tiennent des meetings, fleurissent des slogans évocateurs : “Un enfant si je veux quand je veux” ou bien “Faites l’amour, pas la guerre !”.
Ce sont les militantes du MLF, par exemple, qui ont été à l’origine du “manifeste des 343 salopes”, publié dans Le Nouvel Observateur. Trois cent quarante-trois femmes déclarent s’être fait un jour avorter. Parmi elles, Catherine Deneuve, Simone de Beauvoir…
En Europe, s’organiser pour résister aux pressions
L’Union européenne est l’une des régions du monde qui protège le mieux les droits des femmes. Mais que l’on soit française, slovaque, polonaise ou italienne, on n’a pas les mêmes droits. L’IVG est interdite en Irlande, à Malte, à Chypre et en Pologne. Dans ce pays, l’avortement était autorisé jusqu’en 1997. Depuis, le lobby intégriste est parvenu à rendre l’avortement quasi illégal.
En septembre 2008, le Planning familial français a organisé un colloque européen sur le droit à l’avortement. Les organisations déclarent qu’elles vont engager ensemble des démarches auprès des institutions européennes. Elles vont aussi organiser des solidarités concrètes. Comment ? En permettant par exemple à des femmes d’avorter dans un pays voisin si c’est impossible chez elles.