Elsa Solal nous raconte un petit dialogue à Annecy, le 7 mai, au cours d’une rencontre avec 50 jeunes à la Bibliothèque Marignier autour de son livre Olympe de Gouge, Non à la discrimination des femmes :
- Une jeune fille : « Je veux être ébéniste, et compagnon, mais les compagnons s’opposent à ce qu’une femme fasse le tour de France avec eux. Oui et il n’y a pas de place pour une femme, dans leur dortoir hommes, je ne pourrai donc pas aller au pensionnat. Mais j’ai pas dit mon dernier mot. Je serai compagnon!
- Une autre : – C’est possible encore ça !? C’est interdit par la loi d’interdire à une femme de faire le métier qu’elle a choisi….
- Moi : C’est qu’il existe encore des interdits silencieux, invisibles, des « non dits », mais qui sont là très fort et nous empêchent d’être.
- Une jeune fille : Madame il faut que vous écriviez un livre sur les interdits silencieux invisibles qui sont là, fort, et nous rongent la vie et nous empêchent d’être ce que l’on est !
- Moi: Eh bien oui, vous avez raison. (En pleine nuit, ça me réveille, j’y pense encore « je serai ébéniste et compagnon! », et à ces interdits silencieux invisibles qui nous empêchent … mais bon sang, la liste est longue! )
Elsa Solal

